Claude PONS est décédé

Claude PONSClaude Pons est décédé.

Durant près de soixante ans, l’instituteur monflanquinois, convaincu que l’émancipation de l’individu passe par le savoir et la culture, s’était multiplié sur tous les terrains, entraînant avec lui des centaines d’acteurs.

Il savait que l’éducation se poursuit au-delà des murs de l’école. Quelle doit être permanente. Être populaire parce que l’individu, pour s’émanciper, doit s’approprier les outils du savoir. Et donc du libre-arbitre. De la citoyenneté. Du pouvoir.

C’est ce qui allait se passer au début des années 80 avec la création de Radio 4, mais Claude Pons n’était pas pour autant un « professionnel de la radio. »

Ce militant clairvoyant du développement local avait le premier compris, en effet, qu’il fallait saisir l’occasion de nous doter d’un outil de communication « mis en œuvre par les gens du pays, pour les gens du pays ».

L’inédéniable succès de Radio 4 réside là, avant tout. Et s’il dure depuis plus de trente ans c’est aussi parce que ses animateurs actuels n’ont jamais manqué jusqu’ici à cette ligne fondatrice.

Tout cela n’était pas dû au hasard.

Après ses études et sa formation à l’école normale d’instituteurs d’Agen, l’instit’ tonneinquais avait fait une rencontre décisive. Celle de Célestin Freinet, l’un des plus grands pédagogues français, dont le travail et les recherches, possèdent encore aujourd’hui une influence planétaire.

Claude Pons travaillera avec Élise, l’épouse de Freinet à l’Institut coopératif de l’École Moderne, à Cannes.

À son retour en Lot-et-Garonne, le jeune instituteur sera nommé à monflanquin où il met en oeuvre sa pédagogie novatrice, en classe et hors les murs.

Février 1983 - Réunion de l'association des 4 Cantons à Castillonnès.

C’est ainsi qu’avec la complicité du maire de l’époque, René Andrieu, il crée une Maison des Jeunes et de la Culture. L’une des toutes premières en milieu rural. Et l’une des dernières à avoir survécu et qui demeure dynamique.

Le journal de la MJC, Sous les Arcades, publié pour la première fois en novembre 1965 continue de paraître tous les mois. (Le prochain N° sera mis en page ce mois-ci).

L’air de renouveau que Claude Pons et l’équipe qui l’entoure font souffler sur Monflanquin vont valoir à la bastide une renommée hors du commun – notamment sur le plan du tourisme et du cadre de vie –  qui lui valent le titre de « Plus beau village de France ».

Claude pons est un pionnier du «Penser global / Agir local» persuadé qu’il faut mettre en oeuvre, à son niveau, sur le terrains, le travail de recherche et de réflexion sur les problématiques et les priorités sociales, environnementales et économiques du territoire.

Cette bonne recette, Claude Pons veut donc l’étendre aux cantons voisins. On est au milieu des années 70. On parle d’aménagement du territoire, de développement local. L’État met en oeuvre des contrats de Pays qui permettent de réaliser des projets dans un partenariat État / Région / Communes.

Les premiers en Aquitaine seront pour Monflanquin puis Cancon-Castillonnès-Villeréal. L’association des 4 cantons du Haut-Agenais joue le rôle d’animateur. Met en place une coordination des syndicats d’initiative, encourage la réflexion sur le développement touristique, aide à la conception d’équipements publics, de programmes de formation, d’études économiques, de créations de circuits pédestres, etc.

1990 - Autour de Claude Pons, une partie de l'équipe de Radio 4.

 

Quant à Radio 4 Cantons – voir plus haut – elle allait dépasser tout ce que l’on connaissait alors dans le genre, avec une audience record. En 1985, Fumélois et Villeneuvois ignoraient sciemment la radio des côteaux. Aujourd’hui, un invité n’hésite pas à « monter » d’Agen pour un temps de parole qu’il ne considère plus aujourd’hui comme du « temps perdu ».

Tout cela, les gens du pays le doivent à Claude Pons qui était à l’oeuvre dans les coulisses pour organiser, gérer, animer la réflexion permanente, et devant le micro à 7h30 du matin pour le journal d’infos locales et plus tard le magazine culturel, « Traverses » qu’il a animé quasiment jusqu’à son dernier souffle.

Durant tout ce temps, il aura su fédérer autour de lui, susciter les rencontres, susciter les échanges, encourager les initiatives et même la prise de risque. Capable aussi de tirer avantage des débats et même des désaccords.

Sa force intellectuelle peu commune se doublait d’une capacité de travail impressionnante. Car Claude Pons trouvait également le temps et l’énergie pour d’autres chantiers, d’autres combats, d’autres victoires dont on mesurait la valeur à cette simple question : « Et là, a-t-on fait des progrès ? »

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